Habiter sa respiration

 La respiration est une fonction-clé de notre organisme. Bien respirer, ça n’est pas évident. Bien respirer, ça s’apprend. Quand je respire, mon sang se charge en oxygène et se décharge en gaz carbonique et déchets divers.

Quand il est bien intégré, le geste respiratoire impacte tous les niveaux de mon organisme. Le souffle se régularise, les émotions s’apaisent, le rythme cardiaque se ralentit et harmonise tout le système cardiovasculaire. Il apaise les tensions de toutes sortes et contribue à nourrir  les cellules. Le bon geste respiratoire permet aussi d’approfondir la méditation, la vie spirituelle, il permet de faire l’unité avec soi-même, avec le monde, avec la vie. Il apporte la paix. Il nous recentre. C’est un geste vital. Christophe André dit de la respiration qu’elle est comme « une amie toujours disponible » …

Il existe de nombreuses techniques de respiration. Mon but n’est pas de les décrire ou envisager. Mon but est de conduire à la base du geste respiratoire, à décrire le geste si simple mais si profond qui fait que l’on habite sa respiration, dans n’importe quelle circonstance. En prenant conscience du souffle qui me traverse, je peux vivre la signification profonde des quatre étapes qui constituent la respiration.

1            Le début de l’expir


Je me lâche. Dans le début de l’expir, je me lâche. C’est un lâcher-prise qui s’applique à la partie supérieure du corps, la nuque et les épaules. Lâcher-prise qui me conduit à une pauvreté, un dépouillement, une certaine mort promesse de vie.

2            La deuxième partie de l’expir


Je me donne.
Dans la suite de l’expir, je me donne. Je détends tout le bas du corps, la taille, le bassin, la région lombaire, le périnée. Je m’enracine en terre de tout mon poids. Je ressens alors une force dans le bassin, qui me permet de descendre avec confiance dans mes profondeurs.

3            Entre l’expir et l’inspir


Je m’abandonne. Entre l’expir et l’inspir, il y a ce moment où il ne se passe plus rien. Le mouvement s’arrête. Ces quelques secondes au creux de ma respiration sont comme une métamorphose : éveil à l’être profond. C’est dans cet abandon à ma profondeur, que je peux laisser la vie faire son œuvre de re-création ; dans ce creux la vie prépare la renaissance.

4            L’inspir


Je renais. Le souffle revient de lui-même. Je n’ai pas à le provoquer, à le forcer. Je ne peux que l’accueillir, que m’ouvrir à lui. Je laisse le mouvement de la vie en moi faire son œuvre de renaissance, d’unification de mon cœur, de libération intérieure. Je renais !

La respiration consciente m’est un chemin précieux de pacification et d’intériorité. C’est mon socle vital.


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